Interview d'Aurélien Wiik par Philippe Escalier pour le magazine Je Paris.
Je
est un magazine "gay friendly" gratuit à parution mensuelle.
Dans son numéro 1 de novembre 2003 de l'édition
Paris, le magazine propose une interview d'Aurélien que
je
restitue
intégralement avec l'accord de son auteur, que je remercie chaleureusement
(merci pour cet acceuil chaleureux, pour l'envoi des documents informatiques...).
La photos est de Juan Hernandez, que je remercie également.
AURELIEN WIIK : Graine de star !

Lorsqu’on est issu d’une famille d’artistes ne roulant pas sur l’or mais riche de projets et d’affection, lorsqu’à 12 ans, on a joué Montherlant au théâtre Hébertot, lorsque dix années plus tard, on enchaîne les pièces à succès et les films remarqués, on n’est pas tout à fait comme les autres. Et pourtant, Aurélien Wiik, auréolé d’un vrai charisme, fait montre d’un naturel, d’une spontanéité et d’une pudeur qui charment sur les planches comme dans la vie.
Tu es à l’affiche dans « Les
Amazones ». Comment
as-tu débarqué dans cette comédie de Jean-Marie Chevret
qui marche très fort?
Le théâtre n’est jamais venu à moi par le biais traditionnel.
Je suis arrivé sur ce rôle par la rencontre fortuite d’Olivier
Macé (metteur en scène des « Amazones » avec Jean-Pierre
Dravel ndlr) dans le restaurant d’un de mes amis. J’ai été invité à passer
les auditions. Eh voilà !
Le hasard fait qu’aujourd’hui tu joues dans la même rue (presque
en face !) que Christophe Malavoy avec qui tu as joué « La
Ville dont le prince est un enfant ». C’était il y a combien de
temps ?
Ç
a fera 10 ans au mois de janvier. C’est énorme ! Mais il y a une
autre coïncidence, au cinéma cette fois : mon premier film a été « Les
nouveaux exploits d’Arsène Lupin » et dans une semaine je
joue le fils d’Arsène Lupin dans un film de Jean-Paul Salomé avec
Romain Duris et Kristin Scott Thomas.
On t’a vu récemment dans un clip avec les L5 ! Que fabriquais-tu
là ?
J’ai rencontré le réalisateur qui a eu l’idée
de faire appel à moi pour écrire ce clip après avoir vu « Chaos ».
J’étais vraiment flatté ! Tous mes amis regardaient Popstars,
j’ai tenu le secret pour que la surprise soit totale. Le jour de la diffusion,
mon téléphone a sonné un nombre incalculable de fois.
Tous m’ont posé la même question que toi. En réalité,
beaucoup de gens ont regardé sans assumer. Moi j’ai regardé et
assumé les Popstars jusqu’au bout et je me suis bien éclaté.
Tu aimes bien les défis ! Le rôle que tu as joué dans « In
Extremis » en était un pour toi ?
J’ai tout de suite accroché avec Etienne Faure qui s’est
impliqué au point de vendre tout ce qu’il avait pour faire son
film. Quand j’ai dit oui pour le rôle de Vincent, (au départ,
c’était pas évident), j’avais en tête de pouvoir
amener les spectateurs à se poser des questions. Le rôle m’intéressait,
il ressemblait à celui que je joue dans « Les
Amazones »,
un homo sans clichés, qui ne se met pas en avant. En fait, c’est
une histoire d’amour toute simple. Après, que ce soit deux hommes
ou un homme et une femme, ce n’est pas très important !
Tu avoues être un oiseau de nuit ! Où vas-tu
quand tu sors ?
Ça je le dirais pas ! J’ai envie d’être
tranquille avec mes potes ! Il y a déjà trop de gens qui arrivent à avoir
mon numéro de téléphone ou mon adresse ! Pour moi, le
fait d’être regardé ou dévisagé est une chose
qui me gène. Je ne me sens pas agressé, la plupart du temps,
ce sont des gens sympas, mais j’aime bien qu’on me foute la paix
! Ceci dit, la notoriété tous les comédiens courent après.
Vincent Cassel disait un truc : « Être populaire oui, mais qu’on
ne vienne pas nous faire chier ! ».
Sinon pour te répondre, c’est variable : j’aime bien de
temps à autre un lieu chic, un peu impressionnant, histoire de réaliser
certains rêves, mais le plus souvent ce sont des endroits simples, conviviaux.
J’aime bien les cafés où, tôt le matin, l’on
peut croiser des gens, se parler. Les boîtes, oui, mais à petites
doses !
La dernière fois que nous nous sommes croisés, ta mère
distribuait des préservatifs dans les cafés ! C’est une
habitude ?
C’était une opération de promotion pour une nouvelle marque, « Loops »,
qui propose des préservatifs dans un nouvel emballage. Elle a enregistré,
il y a quinze ans une chanson « As-tu la capote coco ? » qui parlait
de l’importance du latex. Elle a voulu faire des radios et des télés.
On lui a dit qu’on pouvait pas trop parler de ça, surtout en plaisantant.
Aujourd’hui, elle cherche un producteur. Avis aux amateurs !
Dans le milieu gay, tu te sens à l’aise
?
J’ai beaucoup de tendresse pour cette communauté. Tout jeune,
j’ai habité rue Chabanais où se trouve un des premiers
bars lesbiens, « La Champmeslé » dirigé par Josy,
originaire, comme moi, de Luc-sur-Mer. J’aime le côté extraverti
des gens qui font la fête. Et puis ce public m’a toujours soutenu
! Par contre, je ne suis pas pour les ghettos, je me demande s’il faut
aujourd’hui continuer à brandir des drapeaux. Dans « Les
Amazones », ce que j’aime dans mon personnage c’est qu’il
ne met pas sa sexualité en avant et pourtant, il s’assume totalement.
Au fond, je n’ai pas envie de faire la différence entre homo ou
hétéro.
Es-tu amoureux aujourd’hui ?
Joker….. ! En tous cas, je suis amoureux de la
vie !
Et qu’est-ce qui est important pour toi dans la
vie ?
Je suis un mélange de plein de choses. J’ai été élevé dans
un esprit de saltimbanques. Rien ne m’a été imposé,
j’ai pu faire mes choix en toute liberté. J’ai envie d’être
heureux avant d’être un grand acteur. Il y des films que je peux
refuser si je ne suis pas d’accord avec le discours ou l’ambiance.
Tu vois, j’ai besoin d’être fou, d’être féerique,
de donner du bonheur aux gens pour que la vie soit belle. Et pour que la vie
soit belle, je crois que l’Art est le meilleur des moyens.
Propos recueillis par Philippe Escalier pour le magazine Je Paris.
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